Les éditos
C’est toujours un grand plaisir de rédiger l’avant-propos de la nouvelle programmation du Théâtre de Grasse. En effet, une saison vient juste de s’achever, riche de spectacles et d’émotions mais aussi d’évènements comme les 2ndes Rencontres de Musiques Sacrées du Monde et la création théâtrale de Jusqu’à la mer et au-delà avec le mécénat de la Lyonnaise des Eaux. Et voilà qu’une nouvelle saison redémarre ! Fidèle à son engagement
la scène grassoise proposera une programmation pluridisciplinaire où théâtre, musique, cirque et danse se côtoieront. C’est justement en danse que débutera la saison avec la nouvelle création de la compagnie grassoise Système Castafiore qui sera également visible au Théâtre National de Chaillot à Paris au cours de cette même saison. Nous en sommes heureux et fiers.
Bien entendu les Musiques Sacrées du Monde se rencontreront à Grasse pour leur troisième édition fin mars 2013 et nous souhaitons que cet évènement artistique se développe avec des conférences qui permettraient de pousser plus loin les questions de dialogue interculturel, de spiritualité et de philosophie notamment au travers de la Musique.
Le jeune public sera encore à l’honneur avec la possibilité, sur le temps scolaire, d’avoir accès aux spectacles vivants avec un accompagnement pédagogique que le Théâtre de Grasse réalise par son service éducatif et culturel et en partenariat étroit avec l’Éducation Nationale.
L’Agglomération Pôle Azur Provence, dont je préside le Conseil communautaire et qui finance désormais le Théâtre de Grasse, est heureuse que cet équipement culturel rayonne sur son territoire mais aussi bien au-delà.
Il convient donc de remercier les financeurs qui soutiennent régulièrement le développement des actions artistiques et culturelles du Théâtre de Grasse au premier rang desquels l’agglomération PAP mais aussi le Conseil Général, le Conseil Régional ainsi que le Ministère de la Culture. Il nous faut également remercier et encourager les partenaires et mécènes qui sont désormais réunis au sein du « Club des Partenaires ».
Enfin, je conclurai en félicitant Jean Flores et son équipe qui oeuvrent sans relâche à l’animation de ce beau Théâtre de Grasse et de son agglomération. Je remercie également Dominique Bourret, Vice-présidente de la CAPAP et Adjointe à la Culture et à la Jeunesse de la Ville de Grasse ainsi que les membres du Conseil d’administration de l’association de gestion du Théâtre de Grasse.

Jean-Pierre LELEUX
Sénateur des Alpes-Maritimes
Président de l’Agglomération Pôle Azur Provence
Maire de Grasse

 

Entre textes du répertoire et écritures contemporaines, recherches novatrices et formes classiques, la nouvelle saison du théâtre de Grasse fait la promesse de beaux jours! Jean FLORES, son directeur, évoque quelques-uns de ses temps forts et la complicité qui unit le TDG aux artistes, jeunes talents en devenir ou têtes d’affiches… Rencontre

Marie Godfrin-Guidicelli : Théâtre, danse, musique, cirque, le Théâtre de Grasse est volontairement pluridisciplinaire et s’adresse à tous les publics. Quels sont les axes forts de la nouvelle saison?
Jean Flores : La programmation de danse est renforcée avec un total de 6 spectacles dont 3 créations. Système Castafiore lèvera le voile sur sa nouvelle exploration chorégraphique, Renée en botaniste dans les plans hyperboles, toujours aussi intrigante ; Emilio Calcagno nous offrira sa vision très contemporaine du célèbre conte Peau d’âne, à la fois glaciale et glamour, et Heddy Maalem fera l’Éloge du puissant royaume dans un spectacle qui télescope les styles chorégraphiques et les nationalités de ses interprètes. Toutes ces propositions sont destinées à des publics très variés, des jeunes enfants jusqu’aux adultes. Nous aurons également le plaisir de recevoir de «belles» têtes d’affiches en tournée théâtrale : Jean-Louis Trintignant, Dominique Pinon, Bruno Solo, Sophia Aram, Jacques Gamblin, Dominique Blanc…

M. G.-G. : Et vos coups de coeur?
J. F. : La liste est riche, mais s’il faut en choisir deux : Lendemains de fête, la nouvelle création de la metteure en scène Julie Bérès qui nous avait déjà enchantés avec Notre besoin de consolation l’an dernier. Nous l’accueillerons début mai 2013. Et l’opéra de Maurice Ravel L’enfant et les sortilèges, dans une production du Festival international d’art lyrique d’Aix fin janvier 2013.

M. G.-G. : Composez-vous la programmation en termes de couleurs et d’harmonies comme un tableau kaléidoscopique ou comme une partition?
J. F. : Comme une partition kaléidoscopique !!! Et ce n’est pas une blague ! J’adopte une ligne directrice comme une colonne vertébrale que je déroule tout au long de l’année mais avec, de temps en temps, des pistes que j’emprunte et qui partent dans plusieurs directions artistiques, parfois opposées ! C’est un risque artistique qu’il faut savoir prendre et faire prendre au public. C’est exactement ce qui se passe au TDG : une régularité linéaire de spectacles où le public y retrouve « son compte » (c’est la partition) et des chemins de traverse (c’est le kaléidoscope) avec des spectacles de création que nous encourageons à découvrir.

M. G.-G. : Le Théâtre de Grasse accompagne depuis plus d’une dizaine d’années Système Castafiore, qui ouvre les festivités, et plus récemment Dynamo Théâtre : quelles formes prennent ces compagnonnages?
J. F. : Nous accompagnons les créations de Castafiore qui, ces dernières années, sont régulièrement coproduites et créées lors de longues résidences de travail sur le plateau du TDG. Le public grassois a ainsi la chance de découvrir en avant-première leurs spectacles qui sont ensuite joués en France (et à Paris) et en tournées internationales.
Avec Dynamo Théâtre, le compagnonnage est plus récent et prend des formes différentes. La compagnie, à notre demande, développe un travail sur le territoire ainsi qu’un travail sur la notion de citoyenneté qui peut associer des amateurs aux professionnels, comme ce fut le cas la saison dernière avec la création théâtrale Jusqu’à la mer et au-delà. Cette compagnie marseillaise a fait une «belle» rencontre avec le territoire grassois et ses habitants qui le lui rendent bien. Nous allons donc faire en sorte qu’elle soit de plus en plus présente à Grasse et sur le territoire de la communauté d’agglomération.

M. G.-G. : Justement, cette relation de proximité avec les artistes doit-elle se doubler d’un travail particulier sur le territoire?
J. F. : Ce n’est pas un « passage obligé » pour toutes les compagnies. Certaines sont plus enclines à cela, c’est avec elles que nous construisons des projets sur ce territoire.

M. G.-G. : En deux éditions seulement les Rencontres de Musiques Sacrées du Monde sont devenues un temps fort très remarqué. À quoi attribuez-vous un tel succès?
J. F. : Il y a une vraie demande de recherche de sens philosophique et de spiritualité dans notre société moderne qui est devenue très matérialiste. La volonté de la Ville de Grasse de développer une manifestation artistique qui ait une portée universelle en favorisant le dialogue interculturel est venue répondre à point nommé aux attentes du public. D’autant qu’aucune autre initiative de la sorte n’avait été prise en Provence-Alpes-Côte d’Azur! C’est pourquoi ces Rencontres ont rapidement trouvé leur voie et un bel écho auprès du public.